

Je ne sais pas trop par où commencer l'histoire d'Althéa, tant que je n'aurai pas dit ce que j'ai sur le coeur. Je suis un gentil chien, terriblement naïf, car comme je suis heureux, je pense que chaque personne qui adopte un chien, soit chez un éleveur, soit dans un refuge, le fait pour les mêmes raisons que ma maitresse : on est 5 à la maison et on reçoit tous autant d'amour.
On s'aperçoit à la longue que ce n'est pas tout à fait ça : il y a des gens qui vont chercher un chien chez un éleveur, lequel s'est donné du mal pour faire naitre de beaux sujets et finalement, certains acheteurs font n'importe quoi avec leur chien. Ca va de dormir dans le garage ou dans une grange, attaché toute la journée, laissé seul des heures entières, maltraité, et pour les femelles, les pauvres, servir de ventre et pire, avec des croisements plus que douteux. C'est le moment d'entonner le couplet des galgas où les chiennes, épuisées, tuent leurs petits à la naissance. Décidément on aura tout lu, quoique le pire est peut-être encore inconnu.
Donc la belle Althéa, qui doit avoir un peu plus de 2 ans, vient de chez Brigitte, l'éleveuse de Bragance. Elles ont la même maman. Qui a acheté Althéa ? Sûrement pas quelqu'un de bien intéressant, puisqu'elle a été retrouvée, dans des conditions d'insalubrité avancées. Elle avait probablement été achetée dans le but de reproduire à outrance et sûrement pas avec un whippet, puisqu'elle vivait avec une dizaine d'autres races. Le lévrier, interdit à la chasse, est croisé avec n'importe quel chien qui chasse, de manière à améliorer les performances de celui-ci. La pauvre nénette a été récupérée, stérilisée, mais elle semble assez traumatisée d'après ce que dit son nouveau maitre.
Patience et amour viennent à bout de beaucoup de choses, mais quelle horreur de saloper un chien de cette manière-là. Le gouvernement veut faire une loi contre les chiens dangereux, il ferait mieux de s'intéresser de près au commun des chiens, ceux qu'on paie cher, et pourtant qu'on maltraite, qu'on abandonne pour de mauvaises raisons. Le simple manque de respect envers un animal est déjà dommageable : les enfants qui taquinent, qui font mal, c'est déjà de la maltraitance.
Donc belle Althéa, je suis sûr que tu as enfin trouvé le bonheur. Il te faudra encore du temps pour oublier ton mauvais départ dans la vie. Comme le font tous les lévriers, je te donne des petits coups de langue pour t'encourager. Va ma beauté, c'est le paradis maintenant.
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